Petits bassins versants miniers, volet « quantification des flux sédimentaires »

Les flux sédimentaires résultant de l’activité minière, en particulier des modes et techniques d’exploitation en usage jusque dans les années 70, se traduisent aujourd’hui par des dégradations environnementales significatives. L’essentiel de ces dégradations est lié à une mauvaise gestion du ruissellement sur les surfaces dénudées et du stockage des stériles sur les mines anciennes, avec comme conséquences dramatiques l’érosion irréversible des sols miniers et un transport solide exacerbé qui impacte à long terme tous les milieux en aval. Ces conséquences se traduisent notamment par des engravements plus ou moins massifs des lits des creeks émissaires, jusque loin en aval, et par un transport de matières fines en suspension (MES) jusque dans le lagon. Les modes d'exploitation actuels, s'ils ont nettement amélioré la situation par la mise en verse stabilisée des stériles et un meilleur contrôle des eaux de ruissellement, ne permettent pas encore de résoudre correctement le problème du transfert de sédiments fins (les "eaux rouges").

 

Le classement récent du lagon de Nouvelle Calédonie au patrimoine mondial de l'Unesco rend encore plus pressant l'amélioration des connaissances sur ces transferts et l'étude de l'efficacité des moyens de protection. Les processus en jeu dans ces transferts et les liens entre les différents processus constituent des verrous scientifiques que les manques de données sur la plupart des grandeurs concernées rendent difficiles à lever : pluies (même si on a quelques éléments), débits liquides (très peu de stations de jaugeage, surtout à l’échelle de petits bassins versants « miniers »), et encore moins de mesures de flux solides, à part quelques valeurs cumulées sur d’assez longues périodes, qu’il est très difficile d’attribuer à tel ou tel épisode de crue. Les quelques outils de modélisation hydro-sédimentaire utilisables à l’échelle d’un bassin versant sont en conséquence quasi inexploitables, en tout cas impossibles à caler et donc encore moins à valider. Les questions scientifiques soulevées par la problématique de la maîtrise des flux sédimentaires produits par les zones d’exploitation minière sont nombreuses, depuis la quantification des flux à la modélisation des événements, en passant par les retombées applicatives : limitation des impacts, dimensionnement des aménagements futurs…. Les actions du PPME pour la période du contrat 2012-2015 visent à améliorer par une approche pluridisciplinaire et pluri-institutionnelle les connaissances sur le fonctionnement des petits bassins versants miniers à partir des travaux partenariaux du consortium réuni autour du programme du CNRT « Fonctionnement de petits bassins versants miniers ».

Dominique Cluzel, Michel Allenbach et partenariat UNC, CEMAGREF, IRD, UNIV LA REUNION, METEOFRANCE, A2EP

Equipe de recherche:

année debut: 
2010
année fin: 
2014

Status du projet: